Ce matin, avant qu’elle ne parte au collège…

Ce matin, avant qu’elle ne parte au collège, j’ai glissé secrètement dans son sac un talisman, un phylactère pour la protéger, ma petite fille qui grandit. Je la sens si fragile pour ce monde qui l’attire, la fait rêver mais la blesse en même temps. Je guette un signe, même cursif, où elle demanderait mon aide. Je veille toujours mais je la protège de loin en loin. Elle apprivoise le monde et cherche sa place, seule. Je la regarde avec tendresse sortir de sa coquille, s’épanouir, se tromper, hésiter, recommencer, essayer de déchiffrer les rébus de la vie et prendre confiance. Elle compose avec ce qu’elle est, ses rencontres et ses apprentissages. Je l’encourage à tracer son chemin, de gribouillis en arabesque. A ses yeux je veux rester un navire solide et confiant, lui épargner mes émotions de maman. A l’intérieur, je suis en équilibre, entre peur et ravissement. Mais je suis fière, si fière de la femme qu’elle devient, de ce qu’elle apporte déjà au monde. Toute seule.

Par l’Asso Ad Raden – Bibliothèque de Mespaul et l’Atelier d’écriture drôles d’oiseaux à une plume
Karine

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