Dis-moi dix mots

Vienne, mercredi 13 mars, 23 h 39.

Quand la coquille du feu rouge près de la cathédrale Saint-Maurice éclate dans un gros bang, quand une jeune femme s’allonge sur votre pare-brise, tenant serré, dans sa main droite, un phylactère, c’est peu banal. Quand elle est nue, un logogramme tatoué sous le sein gauche et qu’elle vous interpelle de ses grands yeux bleus, c’est encore moins banal. Si elle tente de composer un rébus rouge-sang au-dessus de l’essuie-glace et que quelques arabesques du même rouge coulent d’un corps sans autre imperfection, si elle a un trou rouge dans le front, vous ne me contredirez pas, c’est franchement surprenant.

C’est aussi le signe avant-coureur d’une nuit de contrariétés passée au commissariat à composer le tracé de cette fin de soirée pour l’élégante cursive –ou plutôt l’infâme gribouillis– d’un stagiaire surmonté d’un képi.

Mireille Perroton. Vieille histoire !…

Par Claudio

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