Ces deux-là

Quand vient l’urgence de mots brûlants que seul le regard traduira, impératif se fait l’instant, tout comme l’accent sur ces deux-là : ils sont hurlants sur le silence, et se font lire sans ponctuation l’entier roman des âmes en l’air.
Puis ils conjuguent en aquarelle, avec
bagou sur une toile blanche et au fond des yeux la jactance, des verbes qui n’ont plus de sens quand les pupilles se font dentelle.
Car
volubiles leurs regards brillent des mots immenses qu’ils se susurrent.
« 
Ohé ! Voyez-les qui murmurent », lance un griot qui contera :
« En un clin d’œil ils osent se dire des choses immenses sans même sourire ! »
Les yeux mués en haut-parleurs, ces deux-là savourent en frissons l’écho d’une ivresse oculaire ; puisqu’ils se fixent à l’unisson, alors le plus beau reste à taire.
Et si les pupilles
truculentes dérobent au discours son aura, brûlons d’oser pareil frisson ; où l’on observe plus qu’on ne dit, où l’on placote comme on se lie, en un regard qui vaut mille voix.

Par Fanny Houët
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