L’accent du regard

Ses lèvres rouge griotte tuent les mots qui s’en échappe, alors la vielle femme fatiguée, qui avait tant de bagou il y a encore quelques années, interpelle le monde avec ses yeux.
Lorsqu’elle accroche son regard à votre visage c’est qu’elle vous dit «Ohé», je suis là !
Son souvenir lui échappe et seul le lointain passé, composé parfois d’anecdotes volubiles ; a laissé dans son âme des souvenirs indélébiles.
Alors que ses compagnons de déroute placotent tout à leur aise et la rendent mal à l’aise l’espace de quelques secondes, je lui susurre quelques mots apaisants avec la bienveillance de mon regard pour
couvrir le bruit de la jactance ambiante.

Une voix se perd, son souvenir s’efface lorsque le temps de se rendre au jardin de marbre est arrivé. Vie volubile ou truculente, s’efface sous le poids des ans avec l’oubli en sus quand la maladie du souvenir arrive dans nos quotidiens. Seul le regard ne s’efface pas, quand le temps du jardin de marbre est arrivé alors son souvenir se grave dans nos âmes.

Par Palissandre de Vernonnie
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