Une terrasse de café parisien

Je n’aime rien tant que m’asseoir à une terrasse de café parisien pour sentir battre le cœur de la ville.

Observer les passants, distinguer les touristes des habitués du quartier, deviner qui viendra s’asseoir face à elle, face à lui…

Parfois, une main saisit celle, offerte, qui n’attendait que ça, une tête se penche pour susurrer une confidence d’une voix veloutée et des étoiles s’allument au fond des yeux.

  • « Ohé, les amis ! Z’avez pas fini d’placoter ? J’vous attends pour magasiner, moi !
  • Eh, Basile, du calme…t’as bien de la jactance mais t’es vite poqué ! »

Quel plaisir de saisir au vol ce genre d’échange truculent à l’accent savoureux de la belle province, émanant d’un groupe de joyeux braillards qui déborde sur la rue.

Lorsque le bar jouxte l’un des nombreux éventaires de camelot, je suis toujours impressionnée par le bagou de ces bonimenteurs, si volubiles et si rapides que le client a rarement le temps de réfléchir avant d’acquérir l’objet dont le désir s’est tout naturellement imposé.

Ailleurs, un groupe d’hommes s’est agglutiné autour d’un des leurs qui monopolise la parole tout en sirotant un thé à la menthe brûlant : gourou ou griot, son charisme est manifeste.

Je ne me lasse pas du spectacle de la rue qui ressemble trait pour trait à celui de la vie !

Par Mariele
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