Jactance océane

Sur l’estran de la plage, le précipice d’une vague en attente ; Les mots sont ceux des griots qu’elle a effleurés au passage, léchant les îles vanilles, les villes accrochées aux continents. Coquillage nacré de bleu et de voix en partance. L’estran volubile joue à la Prévert son inventaire truculent : des bouteilles en plastique, du verre dépoli pas poli qui pollue, des élastiques, des tickets de rien, des bouts de filets qui respirent le bagou des pêcheurs perdus au large. Le vague à l’âme laissé sur un quai, la lame qui soulève le cargo. Sur sa passerelle on parle tous les accents mais lui n’a pas de patrie et passe d’un quai à l’autre, disparaissant derrière l’horizon ; Deux petite vieilles tricotent et placotent des idées sottes sur un banc face à la mer qui hurle. Ce banc qui en a entendu des gens qui susurrent des pelotes d’algues mouillées amarrées à marée basse. Ohé crie le sable blanc : il chante les châteaux de sable des enfants jouant avec les mots des histoires pas sages. La vague s’écrase enfin froide sur mes pieds. J’ai faim de poésie dans cette cathédrale horizontale océane.

Par Murielle VANDERPLANCKE
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