Le Nuage

Un voleur d’âmes engloutissait le monde. Ne subsistaient que de pauvres hères qui, avant de glisser dans le néant, apercevaient des bribes de leur vie à travers le nuage qui avait tout pris : la lumière, les rêves, la joie de vivre.

On l’appelait « le Nuage », ce pirate qui avait avalé la poésie, et le désir…

Les états en plein chaos avaient retrouvé une solidarité de circonstance pour combattre l’ennemi, sans succès. On hurla au canular voyant qu’il recrachait les humains comme de vulgaires noyaux de cerises. « Le Nuage » nous télésnobait ! Dans le ciel, ne subsistaient que de dérisoires émoticônes.

Un homme se leva alors et harangua la foule armé de ses ultimes convictions.

Bientôt, les plus révoltés, les plus courageux secouèrent les résignés, bousculèrent les pessimistes, et on se remit à espérer …

« Le Nuage », avatar de l’avidité, de l’égoïsme, de la lâcheté se disloqua peu à peu.

Alors, un rire énorme s’éleva. Il s’est apaisé aujourd’hui mais il couve comme le feu…

Par association Ad Raden – bibliothèque de Mespaul & atelier d’écriture « drôles d’oiseaux à une plume »
Nelly