Archives de catégorie : Littérature

Ohé « Bataille des 10 mots » ! …

….ta thématique 2018 quelques questions a soulevé :

– N’avoir qu’une parole est-ce, au sens propre, le contraire de
placoter ?
– A l’inverse est-ce que tenir parole est de bagou l’équivalent ?
Susurrer est-ce illustrer que silence est d’or quand parole est
d’argent ?
– A celui qui a voix au chapitre faut-il obligatoirement la parole passer ?
Jactance et belles paroles, n’est-il pas étrange de les associer ?
– Doit-on boire les paroles à haut débit d’un interlocuteur volubile ?
– Propos de Griot est-ce parole d’évangile ?

Mais, ma parole, ce qui est évident,
et qui ne génère pas de questionnement,
c’est qu’un interlocuteur truculent
souvent dans sa parole a de l’accent.

Par François Dutheil
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Dix mots pour ma mère

Ma très chère mère ton accent chantant m’envoûte.
Ta voix chaude et radieuse illumine tout ciel sombre.
Du bagou tu n’en manqueras jamais de toute ta vie.
J’aime ta façon de susurrer en me souhaitant une bonne nuit.
Tes plats sont à ton image : truculents, authentiques et délicieux.
Ta volubilité m’impressionnera toujours.
Ta jactance démesurée te rend unique au monde.
Quand tu placotes, on dirait que tu chantes.
Ohé ! maman je serais ton griot qui saura conter ta gentillesse.

Par Amlabest
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Griot, historien, journaliste face à la vérité

Les rapporteurs d’un fait ne sont jamais neutres devant l’évènement dont ils se font les narrateurs. Il n’est qu’à lire, pour s’en convaincre, les récits d’une même bataille dans l’Histoire de la nation vaincue et dans celle du vainqueur. Les accents ne seront pas mis sur les mêmes aspects de la guerre. Chez les uns, même défaits, les soldats seront des héros capables de vaincre le froid, la souffrance et la peur, tandis que chez les autres ces même vaincus paraîtront comme des misérables brisés, effondrés sous une force qu’ils furent trop faibles pour dominer.  L’image n’est pas la même. La voix de l’historien se veut pourtant objective.

Il n’y aura que le philosophe pour souligner l’horreur de la guerre qui tue également « dans une boucherie héroïque» (Candide) les plus braves soldats qu’ils soient à la fin des opérations du parti des vainqueurs ou de celui des vaincus.

Le journaliste n’est pas soumis aux impératifs de l’historien et, parce que son devoir est de rapporter les faits dans l’urgence, son discours est par là même beaucoup moins distant de l’événement qu’il rapporte. Il se doit d’être volubile pour donner dans un minimum de temps le maximum de faits. Objectif ? Certes il veut l’être mais il veut aussi traduire l’émotion pour accrocher l’intérêt de son auditoire.
Quand il y parvient, alors la foule se rassemble et susurre alentour, échangeant des propos divers pour partager sa surprise, sa peur, voire sa condamnation. La commère n’est jamais loin pour appeler sa voisine afin de placoter plus que faire se peut sur le dernier vol ou la récente arrestation. Ohé ! , avez-vous appris que le fils de madame Durand a été placé en garde-à-vue hier ? Mais si ! Vous n’y pensez pas ! Mais c’est incroyable ! Et voilà la jactance partie pour la semaine entière.
L’événement suscite la parole et chacun se sent obligé d’ajouter au verbiage ambiant sa propre faconde comme s’il y avait nécessité à prouver qu’on a , plus que d’autres, un grand bagou.

Si l’historien ne peut se défendre de présenter les faits selon le pays pour lequel il parle, si le journaliste ajoute l’émotion à l’événement qu’il relate, si le public adjoint son bavardage à la narration de l’événement, alors où est la vérité ? Les soldats de Napoléon sont-ils à Waterloo des êtres misérables, vaincus et agonisant comme ils le méritent dans l’impuissance, la débilité, et l’épuisement ? Ou sont-ils, comme Victor Hugo le chante, de magnifiques « héros » dont Dieu osait  « tromper l’espérance » ?

Au diable la vérité de l’historien ou l’exactitude du journaliste ! Je leur préfère sans hésiter le verbe magnifiant du poète, la peinture épique du griot ou la parole truculente d’un narrateur quel qu’il soit.
Peu me chaut que Charlemagne ait perdu son combat face aux Maures dans le défilé de Roncevaux en 778. Je veux garder seulement l’image belle de Roland, agonisant seul et fier sous les étoiles, Durandal à son côté.

Par Marie Augé
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A la fin reste la griotte, la cerise sur le gâteau.

Qui est grave, qui est aigu.
C’est circonflexe père.
Circonflexe ? Ta réponse me trouble, explique ton point de vu !
Oui, l’accent circonflexe est celui que je préfère.
Écoute, le bagou ne vaut pas un clou.
Volubile est l’étoile filante.
Le baratin est utile aux voyous.
Le beau parleur débite d’une façon brillante.
Il y a les médisants et les luisants.
Placoter est venimeux.
L’un est abaissant, l’autre réjouissant.
Le truculent est affectueux.
La jactance est un vilain défaut.
« Vanité des vanités, a dit Kohélet, vanité des vanités; tout est vanité ! »
Susurrer à l’oreille de l’agneau,
Voilà comment s’acquitter.
Viens dans ma direction.
O, ouvre les yeux et suis ma voie.
Iniquité, inhumanité ne se fit pas à ce qu’elle voit mais à l’acrostiche d’abomination.
Xénophobe est l’acrostiche trompeur, le xénophile est la voie.

Par Deyv
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La voix d’un chant

Quand la voix s’exprime par le chant
En toute innocence (?)
Les voix de France
Se délient; placotant
Contre celle qui
Ignorait (?)
Que par sa voix

Les voix de France
Qui prônent pourtant:
Liberté, égalité, fraternité et tolérance
Feraient tant preuve de jactance

Que tant de haine, de mépris et d’arrogance
Résonneraient comme le chant de la France

Que haine, mépris et violence
Étaient les différents accents de France.

Qu’elle entendrait résonner
Dans les paroles des français
Qui prônent pourtant la paix

Tant de mépris, de haine et de violence
D’humiliation, de haine, de dominance
Tant de mépris, de haine et de violence

Envers leurs concitoyen(ne)s.

Qu’obéissance, lynchage et soumission
Étaient, de la France les notes d’accord
Entre générations.

Qu’obéir était le refrain
De la France de demain.

Qu’infantilisation, pressions et intimidation
Étaient les notes d’accord
A jouer; sur ceux et celles qui oseraient susurrer:

 »Je joue.Je chante.Je dis ce que je pense.
Liberté et dissidence ».

Une voix qui chante.

La France.

Par Léger
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Chanson « Ma guitare et la fille »

(couplet 1)

Je suis sorti de ma maison
Et j’ai marché sur le gazon
Ma guitare et la fille.
Avant chanter ma belle chanson
J’ai mangé deux bonbons, ma guitare
Une petite fille m’a touché c’est drôle
Elle m’a regardé comme une folle
Ma guitare et la fille.
Je dois lui donner les bonbons que j’avais mangé
Car je n’ai rien chose à manger
Ma guitare et la fille. 

Et puis j’ai chanté (Refrain)
Et puis j’ai joué
Ma guitare ohé ohé!
Elle veut me danser
Elle veut me susurrer
Pour que je lui donne à manger
Ma guitare et la fille. 

(couplet 2)

Ma chanson est truculente
Attire attention et excellente
Ma guitare et la fille.
Regarde que de monde
Petit, gros, maigre, tu es blonde
Ma guitare et la fille.
Je n’ai pas parlé avec jactance
Elle nous a montré une belle danse
Ma guitare et la fille.
Pour être aimé soyez honnête
Le secret des vers c’est la fillette
Ma guitare et la fille. 

Et puis j’ai chanté (Refrain)
Et puis j’ai joué
Ma guitare ohé ohé!
Elle veut me danser
Elle veut me susurrer
Pour que je lui donne à manger
Ma guitare et la fille. 

Par Elyor Ukkiyev
Hulkar Risqimboyeva
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Invitation au voyage

Je vais faire venir une griotte …
Rondement bien, j’ai faim !
Celle-ci, c’est sûr, ne susurrera rien à ton estomac,
Sa voix et son accent viennent faire danser ses mots
Du sommet de ta tête au relief de ton dos.
Ah non, les « ohé ohé », « oyez, oyez »,
la jactance à l’excès, avec ou sans bagou,
Moi, ça me cause du dégoût.
Ça placote, ça placote,
D’ici au Canada,
Et on se sent trop vite, otage de ces voix :
Elles m’oublient en jactant,
et d’images en bons mots, j’attends …
mais jamais je ne vois,
ne serait-ce qu’un atome ou un gramme de moi.
Ses volutes de voix ne sont pas volubiles,
Mêmes les biles les plus noires, avec elles, sont dociles,
Elle, elle n’enferme personne, et même, elle délivre.
Elle vient creuser ton cœur, met des mots sur tes plaies
Elle n’est pas truculente, érudite ou lointaine,
elle est ta langue-même qui revient de voyage.
Et quand c’est elle qui parle, c’est toi que tu entends.
. Tentant …

Par Fatimaxx
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DIX MOTS POUR BOUBACAR

Tant de souvenirs me viennent en mémoire à la simple évocation de son nom !…. Boubacar était un griot, truculent personnage dont la jactance amusait les plus jeunes et charmait les anciens.
Son bagou était légendaire de Dakar à Saint Louis. Lorsque je le connus sa réputation n’était déjà plus à faire. Au Sénégal dans le moindre village on vous parlait de Boubacar, de son sourire, de sa voix mélodieuse qui s’accrochait aux notes aigrelettes de la kora qu’il avait héritée d’un grand-père.
Dans chaque village, dans chaque ville, il avait adopté un arbre sous lequel il aimait à s’asseoir pour susurrer une histoire qui éveillait chez les plus vieux la nostalgie d’un passé enfui et, dans les têtes des jeunes écervelés sans mémoire, le plaisir d’une bonne histoire narrant quelque haut-fait guerrier ou amoureux.
Le plus souvent, tandis qu’il chantait, les femmes restaient à l’écart et, au seuil des maisons, elles placotaient à l’envi, volubiles commères toujours prêtes à vilipender un voisin ou calomnier une cousine.
Et puis, lorsque le soir tombait, comme à son habitude, Boubacar annonçait qu’il chanterait demain la suite de l’épopée qu’il avait aujourd’hui évoquée. Et, comme à son habitude, la foule des hommes et des gamins assemblés essayait de le retenir avec des requêtes aux accents suppliants. Mais dans la fraîcheur du soir Boubacar devenait toujours sourd aux implorations de ses admirateurs. Avec les quelques pièces qu’il avait lentement gagnées au fil des heures, il s’en allait, déjà certain que demain il serait appelé pour renouveler l’enchantement qu’il savait prodiguer. Demain ici et là en effet des « ohé » le salueraient, l’inviteraient à s’asseoir sous le grand arbre, l’imploreraient de chanter une fois encore les belles mélopées qui habitent aujourd’hui ma nostalgique mémoire.

Par Marie Augé
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Il parlait par là

L’ami parlait
Dis donc, mon ami, raconte-moi ton histoire
Disais-je avec l’accent de mon cher territoire
Mon ami tourna l’œil et fit avec bagou
Mon cher tenez vous bien, vraiment accrochez vous
Car certes ne suis-je pas un petit de griot
Mais pour autant ne suis-je pas non plus un idiot
Il parlait, par là, parlait
Il parla parlait parla
Et il commença donc dans sa belle jactance
A me parler du monde, à me parler de danse
A quoi je lui fis remarquer d’un « Ohé !»
Qu’il ne servait à rien ainsi de placoter
Alors il s’offusqua et me fit susurrer
Entre mes dents acerbes un de mes bons couplets
Il parlait par là parlait
Il parla parlait parla
Mais il se ressaisit et toujours truculent
Il me confia la vie la mort le firmament
Je l’écoutais sans peine et au son de sa voix
Je sentis la fraicheur d’un pays en émoi
Il ne s’arrêta pas toujours plus volubile
Et j’entendais ses vers et sa prose si habile
Il parlait par là parlait
Il parla parlait parla
A quoi je répondis dans un souffle incertain
Merci mon bon ami vous êtes si malin
Qu’à aucun de vos mots je ne cherche rancune
Et que vous éclairez de votre voix la lune
Alors seulement là je passai mon chemin
Le cœur empli de rimes et vidé de chagrin
Il parlait par là parlait
Il parla parlait parla
Et louant mon ami par-dessus les étoiles
Je repris ma marche auprès des cathédrales
Des ponts et des vallées où l’eau coule avec joie
Cette eau folle et rieuse qui ne s’affole pas
Ces ruisseaux qui racontent ce que les hommes taisent
Et que mon bon ami a repris en toute aise
Il parlait par là parlait
Il parla parlait parla
Puis se tut.

Par TAP
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Dix mots pour convaincre

Ohé !! Messieurs, Mesdames, candidats à cette élection importante. Comme vous étiez volubiles. Vous aviez appris à bien placer votre voix ; à porter des accents particuliers sur les points principaux de vos programmes. Quel bagou, vous aviez. N’en seriez-vous pas venus jusqu’à nous susurrer à l’oreille : Je suis le (la) meilleur(e)…Votez pour moi ! Si nous étions en Afrique Noire, nous aurions pu vous prendre pour des griots. Cependant, nous sommes en France, pays de la liberté de paroles. Donc vous n’êtes ni craint, ni méprisés. Et, comme à Québec, toutes vos belles paroles, toute cette jactance, tous ces mots plus truculents les uns que les autres se sont envolés car trop placotés.

Par Marialyne EHRO
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