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La condescendance

Vois-tu, tu me regardes toujours de haut.
Il me semble que, lorsque tu entres dans une pièce, ta manière de marcher, de te présenter, ressemblent à une arabesque placée au début d’une page d’un livre prétentieux.
Dès que je te sens arrivée, altière, le menton levé et fier, je sens mon corps se crisper. Les mots se brouillent dans mon esprit, ma nuque se raidit, car il me faut déjà réfléchir à la manière de composer la première phrase que je te prononcerai. C’est comme si, à chaque fois que je te parlais, je passais un examen, comme si tu n’étais attentive qu’aux coquilles qui pourraient m’échapper en formant mes mots, comme si m’observer trébucher te faisait plaisir, presque jouir.
Face au logogramme « ATTENTION » qui me barre l’esprit, devant tant de condescendance de ta part, je tente une remarque qui ne ressemble qu’à un gribouillis tant elle paraît confuse. Mais toi, tu
me réponds sûre de toi, ferme, comme si tu prenais le temps d’écrire des lettres cursives d’écolier, parfaitement réfléchies et agencées.
Peut-être alors devrais-je te faire un rébus, pour qu’enfin tu me comprennes ?
Puisque mon corps et mon visage expriment mille et un signe non verbaux que tu me mets mal à l’aise. Face à toi, je ne suis que l’ombre de moi-même ; mes bras nerveux s’agitent pour exprimer mon mal-être.
Pourtant, toi, telle un « i » tracé inflexible et droit à la règle, tu restes insensible à ma souffrance et continue à m’écraser par ta condescendance aigre et amère, avant de m’asséner, prévisible comme si un phylactère avait été dessiné à côté de tes lèvres pincées, une phrase assassine d’un ton agressif, qui me tombe sur la nuque telle un couperet.

Par Eliserem

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Scènes du quotidien

Au premier signe, le chef de gare agite son drapeau et le train s’ébranle.

Il a suffi d’un signe de la maitresse pour que la classe se lève à l’entrée du directeur.

Le petit enfant commence par faire des gribouillis sur le papier ou l’ardoise.

En regardant ce tableau, je remarque les jolies arabesques de ce peintre.

Le tracé de ce géomètre est bien celui que j’avais demandé pour cette maison.

Le petit oiseau du nid de mon acacia a cassé sa coquille et s’est envolé.

Entre copines nous avons tricoté des carrés de toutes les couleurs et nous avons composé de jolis coussins

Par Marie-Thérèse

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