Fatiha

J’étais en cours de français quand j’interpellai ma voisine et amie Fatiha.
-​ Ohé​ Fatiha, murmurai-je.
Elle détourna la tête des explications de Mme Pourdi.
-Quoi ? me répondit-elle sèchement.
Je me rapprochais pour lui ​ susurrer​ :
-On ​ placote ​ ?
-Non, me répondit-elle d’une voix agacée.
Fatiha était studieuse, elle n’était pas du genre à tomber dans la ​ jactance​.
Tout le contraire de moi, j’étais ​volubile, truculent​ et j’avais du ​ bagou​.
– On parlera après le cours dit-elle d’une ​ voix​ plus douce.
– Comme tu veux soupirais-je.
Au fond, j’avais des sentiments pour elle et je me demandais si c’était
réciproque. En tout cas, c’était mon amie et je m’étais promis de lui rester fidèle.
Après le cours de français, je discutais avec Fatiha.
– Enfin les cours sont finis !
– Tu n’aimes vraiment pas ça ! me répondit-elle en souriant jusqu’aux oreilles.
On parla ensuite sur le fait qu’elle voulait devenir une ​ griotte​.
– J’aime vraiment nos traditions musicales et orales.
– En tout cas, en classe c’est autre chose !
Nous éclatâmes de rire. C’était le moment où j’arrivais chez moi, Fatiha habitait deux rues plus loin. Elle partit en souriant. Elle me répondit avec l’​accent​ du rire.
– A demain !
– A demain !
Et c’est ainsi que cette journée s’acheva et le soleil se coucha dans un
orange feu éblouissant. Il ressemblait à Fatiha, aussi beau que sa chevelure couleur châtain et son visage chocolat. Maintenant c’était sûr : je l’aimais.

Par Pierre Colmont (12 ans)
Share