Le désir enfoui d’une mère

Omega Tog, un jeune débrouillard très habile qui habite dans un quartier périphérique de ​ Dar Talaf​ . Ses géniteurs que je nommerai ​ Abdou et ​ Déné​ , sont issus de deux couches sociales diamétralement opposées. Pour être plus limpide, son père Abdou est un​ griot semblerait-il  mais qui préfère qu’on l’appelle affectueusement l’artiste-musicien Guerrier. Déné, elle,est une fervente croyante. A peine commencé à jouir de ses instincts de femme, elle s’est laissée entrainée par ses camarades, les filles ‘’arrivées’’.​ Après avoir enceinté Déné, le guerrierAbdou n’ayant pas la possibilité de subvenir aux besoins de sa concubine, a décidé de
manière  truculente​ à prendre la porte de l’exil. Déné s’est arrangée bon gré mal gré à garder la grossesse jusqu’à l’accouchement bien que sa situation sociale ne la permettait. Mais là n’est pas le problème. C’est d’ailleurs l’histoire de beaucoup des filles de ​ Dar Talaf​ qui ont eues des aventures amoureuses. Cependant, pour ne pas être aussi ​volubile​ , allons donc à l’essentiel.
Né à la première décade du mois de janvier 1998 à ​ Dar Talaf, en zone pétrolifère, le pays ne vivait que des recettes pétrolières. ​ Dar Talaf​ comme le ​ susurrent ses habitants est fréquemment sous tension à cause des crises interminables dû à la gestion patrimoniale.

Cependant, Omega Togserait contraint de construire sa vie avec sa maman à ​ Dar Talaf​ , aujourd’hui révélée assez agréable pour eux.
Ce Omega Tog, c’est bel et bien de moi qu’il s’agit. Un peu concentré, il me revient encore à l’esprit, si je ne ​ placote​ pas, l’ambiance saine passée à l’école primaire dans cette partie de la capitale révélée le quartier général des immodérés, je veux dire avec le moindre excès qu’à l’école de Dembé, située au cœur de la forêt, il s’y passe un peu de tout. Les bruits des véhicules qui passent entremêlés du vacarme provenant du marché qui entoure l’école et la forêt,révélée un centre de refuge des gangs. Comme les ondes de décibels, les rires à gorge déployée résonnent encore avec fracas de ma petite cervelle de​ bagou​ lorsque le maître s’absentait par moment, pour fumer un bâton de cigarette. Enfants, nous n’avions jamais d’autres soucis majeurs que de chanter à haute​ voix​ les chansons apprises en salle et réciter les ‘’​ Fables de Jean de La Fontaine’’​ . Néanmoins, dans ce
sarcasme, afin d’échapper à quelques fessées de ​ Monsieur​ , nous étions tout de même vigilants. Puisque, sa chicote nous tenait souvent au respect. Ainsi, dès que l’un d’entre nous apercevais
sa silhouette, il criait d’un coup sec​ ohé​ ! Et s’en suit un silence de cimetière. De moments précieux que jamais de la vie je ne pouvais un seul instant revivre. Mais qui sont inscris en lettre d’Or comme les meilleurs moments de ma vie. Enfant d’un indigène ouvrier, papa, par soucis de trouver de quoi à ce qu’on mette sous la dent est obligé de sortir chaque jour à l’aube pour faire le tour des chantiers de la ville. Sa vie ressemble à celui d’un conquérant. L’imprévisible papa, sans autant nous donner des raisons valables, est parti définitivement laissant aucune de ses traces à ce jour. Vous qualifierez ces quelques lignes de jactance​ . Soit ! Et pratiquement, c’est ma mère qui s’occupait de mon éducation. Soucieuse de mon avenir et étant une fervente croyante, ma mère n’a de regrets à m’éduquer selon les logiques enseignées dans les saintes écritures. Pour m’obliger à mieux maitriser mes leçons, je suis soumis à un traitement sans complaisance. Au finish, chaque soir, je passe le temps à réciter par cœur les leçons apprises à l’école de ​ Dembé​ comme c’est le cas dans les écoles coraniques. A force de relire mes cours tous les jours, aucun devoir de classe ne m’échappait. Ce qui fait que j’ai gagné la confiance de mon maître, et souvent il me rend la part belle lorsqu’il faut sanctionner toute la classe. Mais pour ma mère, je dois faire plus et travailler durement en classe pour être à la hauteur des exercices et devoirs de classe. Son souhait le plus imminent : voir son fils devenir ‘’quelqu’un’’ un jour. Pourtant, même si elle ne me le fait pas savoir, dans son attitude de réserviste, elle ne manquait de raconter à ses consœurs qu’elle était fière de moi tout comme les voisins du quartier. Pour eux, j’étais une référence. Lorsque leurs enfants trouvaient des notes salées, c’est mon nom qui est cité en exemple par ces derniers avec un ​ accent ​ particulier pour galvaniser les siens. Entre jalousie, envie et honneur, je ne passais inaperçu au quartier. Bien qu’au début, je n’arrivais pas à supporter en sourdine ces points de discorde qui se faisaient remarquer à travers les jeux rivés sur moi, j’ai fini par m’y habitué. Au fil des ans, mon entourage m’a édicté des mauvaises habitudes. Et ​hop​ ! je
deviens enfant de la rue. Depuis ce jour, je ne suis jamais retourné à la maison et les rêves de maman se sont volatilisés.Peut-être un jour, je repartirai à l’école pour améliorer mon niveau de langue et apprendre un métier pour la réconforter. C’est à espérer !

Par Delty
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