Des voix du passé

Au « Pont Guen », il y avait un lavoir où ma mamie lavait le linge, au son de la rivière susurrante, elle y recueillait des nouvelles avec les voisines, mais on ne peut appeler cela de la jactance, elles placotaient comme disait le papy du voisin, qui avait tenté une autre vie au Canada.

Notre mamie, telle une griote, nous racontait que les manoirs étaient reliés par des souterrains. Lors de la Révolution, les nobles y avaient caché un carrosse en or non loin… Pure légende ?

Je me rappelle aussi de sa voix, contant qu’un de ces ancêtres était si fort, qu’il remportait tous les jeux bretons. Un jour, un homme à laccent trégorrois chercha à trouver le plus fort, il demanda son adresse à un paysan, celui-ci souleva sa charrue très lourde et pointa la ferme qu’il occupait…

Les pilhaoueriens, parfois volubiles, qui avaient beaucoup de bagou, échangeaient quincaillerie contre de vieux chiffons, et colportaient des histoires truculentes.

Je termine ce texte car j’entends les « Ohé » des enfants.

Par la bibliothèque de Mespaul, l’association Ad Raden
et l’atelier d’écriture « drôles d’oiseaux à une plume »
Frédéric
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