Con de fusil

J’avançais là sans bruit
Sous l’astre de la nuit
Quand un divin murmure,
Doux bruit de la nature,
Est sorti des rameaux.
Ce volubile grelot
A charmé mon silence
Avec sa truculence.

C’est en levant les yeux
Regardant vers les cieux
Que j’ai vu un oiseau
Piaillant comme un griot,
Il répétait ses gammes
Placotait avec charme
D’une petite voix douce
Sans aucune secousse.

J’écoutais cette merveille
Qui charmait mon oreille
Susurrant sans accent
Son tendre sifflement.
Il pénétrait les cœurs,
Insufflait son bonheur,
Murmurant ses ohé !
Avec une voix feutrée.

Mais son hymne trop pur
Fût de mauvais augure
Pour des hommes pleins d’engeance
Lassés de sa jactance
Qui, avec leurs fusils
Firent taire le gazouillis.
Eux qui préfèrent les coups
A son bruyant bagou.

Comme il était venu,
L’oiseau a disparu
S’envolant vers les nues
Je ne l’ai plus revu !
Si son chant mystérieux
Est celui d’un faucon,
Celui de l’homme est bien
Le refrain d’un vrai con !!

Par Hector Vigo
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