Intermezzo

Le téléphone a sonné. J’ai décroché. L’homme a dit « Allo ?  et je suis tombée amoureuse. A cause de sa voix. Il faut dire que c’était une voix terriblement envoûtante. Un peu ambre, un peu café. Pourtant, ici au standard, j’en entends sans cesse ! Certaines sont acides comme des oranges pelées à vif. D’autres sucrées comme le miellat des genêts, l’été. Il y a aussi celles qui grondent tels des volcans courroucés. Vous pensez que j’exagère, sans doute ?

Peut-être…

En tout cas, la Voix dont je vous parle, c’était bien autre chose ! C’était…enveloppant comme une étreinte. Sensuel comme un baiser qui m’aurait mordue, là, dans le cou. Juste là, où le frisson palpite, à fleur de peau. C’était une voix de velours cuivré. Une voix à vous rendre toute chose. Vous voyez ?

Alors les mots, avec leurs lettres rangées comme des boites d’archives, non, vraiment, je ne sais plus. Moi, j’écoutais juste la mélodie de sa voix à Lui, qui susurrait si tendrement à mon oreille. Empruntant en moi des circuits inconnus, quasi charnels. Cette belle voix d’homme qui me chavirait toute…

Et puis, il a raccroché. Le cadran du téléphone affichait 2 minutes 28.

2 minutes 28 !

Le temps d’une histoire d’amour…

Par NICOLAUS
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