L’accent

Une griotte attablée,
Devant son encrier,
Relit méticuleusement,
Les sillons tracés par son outil,
Dictés par son esprit.

Une symphonie de sons et d’émotions,
Parvient à sa raison.

Fausse note elle cherche,
Jusque, la voilà trouvé !
C’était un mot,
Sur lequel somnolait un accent
Bien mal placé ! Le sournois !
Il s’était retourné !

Alors notre conteuse,
Tend à cet accent récalcitrant,
Un long bagou,
Afin de lui insuffler l’envie,
De se tourner en bon sens.

Sa déclaration, n’ayant guère provoqué,
Un quelconque succès,
Auprès de l’intéressé,

Elle poursuivit de par sa voix,
Une longue tirade qui commence là :
« A toi mot que je ne comprends pas,
Je vois bien que ça ne va pas !
Trouves une solution afin que bon sens,
Puisse parvenir à ma conscience ! »

Le mot en question,
Sans interrogations,
Susurra au petit brigand,
Son envie d’être orné correctement.

La frêle ligne en suspension,
Reprit d’une voix truculente :
« Mot dépendant de mes grés,
Cesse ta jactance !
Il me tarde de retourner me coucher ! »

La poétesse, alors,
Posa sa plume d’or,
Et tenta de placoter,
En compagnie du truand,
De son texte reluisant
« Ohé petit accent !
Il suffit à présent !
Places toi correctement ! »

Une volubile réponse,
Tomba en l’ouï,
De la jeune fille.

Bien trop agacée,
D’un coup de plume,
Le voilà retourné !

Par Kenza Vacher Benslimane (14 ans)
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