Le nomade du numérique

Bien je vogue dans cette mer de nuages, je n’ai rien d’un pirate. Tout au plus un passager, rien d’un capitaine des histoires de flibuste. Et pourtant je sillonne, je fends cette onde cotonneuse régulièrement depuis treize années maintenant.

Comment en suis-je arrivé là ? Comment suis-je devenu ce nomade impulsif ? C’est le secret d’une histoire de cœur. Car parcourir le grand monde est une aventure. Il faut avoir le cœur d’un matelot et celui d’un soldat, un courage et une curiosité chevillés ensemble, être un peu géant pour franchir les océans, un peu fou fureteur pour aller explorer l’ailleurs. Mais déjà là, la navigation sur les nuées était acquise et des terres lointaines visitées. Puis de retour, j’en ai parcouru un autre, parallèle mais numérique. Masqué d’un avatar humain, j’ai découvert et exploré la Forêt de l’Elfe. Nombreux sont les autres individus que j’ai croisé mais aussi télésnobé. Pourtant, j’en ai aidé certains, j’ai supporté les plaintes des autres, j’ai rigolé avec quelques uns et épaulé ceux dont l’incertitude était évidente.

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Puis de liens en liens, mon avide curiosité se trouvant aiguisée, il est arrivé de percevoir certains traits au travers des avatars rencontrés. Au détour d’un 14 juillet, un lien plus fort c’est noué. Au fil du temps, la profondeur a finalement touché le cœur. Embarquant vers une terre à la langue inconnue, j’ai sauté le pas. Mon cœur s’en est trouvé encore plus émietté mais aussi confié aux mains délicates de leur sincère propriétaire. Plus éparpillé aussi à travers le monde. Avoir foulé la terre de 3 continents ne vous laisse pas insensible. Et si mon cœur l’aime, elle, il est aussi amoureux de ce monde et de tout ceux qui y sont héberger. Ô que ce n’est pas facile ! Dire et exprimer le tam-tam du cœur et de ses tressauts !

Car les mots se font rares parfois, comme les fruits ratatinés d’une plante en pleine sécheresse. La sécheresse du manque et de l’absence. Et combien d’émoticônes ai-je usé et abusé ? Les mots absents se transformant en petites images pour alléger la peine de ne pouvoir dire et faire ce que l’amour exige. Mais aussi, lorsque l’amour s’éveille, s’ébroue et s’échappe, réveillant l’inspiration, combien les lettres et les lignes dessinent les souvenirs et les moments à venir, comment cette musique résonne à travers cœurs et esprits, tout enivré du bonheur de s’être connu par le corps et les mots ! Et si vous croyez que ceci n’est qu’une histoire imaginée pour la téléréalité, votre programme favori, un canular pour faire rêver ou se moquer, je n’ai plus rien à vous dire et m’en retourne à ma traversée.

Vous ne réussirez pas à m’enfermer dans cette citadelle aux dix tours. Car même si celle-ci m’a hébergée pour un temps et si j’y ai même pris beaucoup de plaisir, j’y suis emprisonné maintenant ! Mais pas pour longtemps !

Vous ne pouvez rien contre un pirate, un vrai ! Il est libre avant tout et aussi nombreuses sont les tours, elles ne me font pas peur ! Tout ça pour être un maître fureteur et relever avec un sens inné, les histoires juteuses et croustillantes, celles qui peuvent rapporter beaucoup !

Ainsi révéler l’existence mais aussi l’identité du favori de son Excellence a été d’une jouissance extrême. Mais pas pour Elle ! Et en voilà le résultat ! Surprendre un courriel n’est pas une fin en soin. Vous n’auriez même pas sourcillez en regardant celui qui L’a incriminée. Mais c’est la combinaison d’émoticônes qui au final m’a conduit dans cette affaire. Celle qui m’a faite tomber. J’ai bien eu la précaution de prendre un avatar pour remonter à la source et tracer son auteur, mais quelque chose ou quelqu’un m’a dénoncé. Un vilain canular en somme. De ce trou, je ne peux même pas voir les nuages, moi, nomade du numérique et pilleurs des boîtes-aux-lettres. Moi, que rien ne bloque ! Moi, qui ne télésnobe aucun compte pour pouvoir y piller la moindre révélation intéressante pour les affaires, me retrouver coincé ici ! Je rage du temps perdu à ne pas sillonner l’espace numérique ! Mais je vous assure que bientôt, je retournerai à mon activité avec encore plus de passion ! Et gare à vous !

Par la médiathèque Marcel Pagnol
A Aubagne
Stéphane A.

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